Je ne demande plus rien, rien du tout. Mais à moi, on m'en demande des choses, on me demande l'impossible ; De ne pas lacher prise. Je manque de sommeil, de force et d'objectivité ! C'est impressionant tout de même... Ma destruction m'impressionne. Tout ça est tellement superficiel. Lache, je suis lache. D'une lacheté comme il en existe peu. Sous pretexte que je souffre et que de toute façon, la porte de secours est encore bien loin sur mon chemin, je fais souffrir mon entourage, et je m'enfonce dans la connerie ? C'est absurde, et ce que je me fais endurer ne va pas continuer éternellement. La mécanique ne fonctionne plus, va-t-on dire... C'est horrible, et tous les jours est un continuement inlassable de la veille. Je me léve avec cette idée, et me couche avec. L'idée de devoir toujours faire plus. Au début je le faisais pour me prouver que je pouvais encore le faire, maintenant je n'ai plus rien en tête, je suis simplement obligée de continuer ainsi. C'est inconcevable pour moi de continuer encore.
Le matin, en me levant, j'ai déjà mal. Je ne dis rien, parce que je sais pourquoi j'ai mal, mes jambes me font payer les efforts que j'ai fourni la veille. La journée n'est guére plus réjouissante, puisque juste le fait de marcher me torture. Evidemment, parfois je prends l'ascenseur car je n'en peux plus vraiment plus mais ça serait tellement bien de pouvoir monter les marches avec les autres sans me dire à chaque marche "Vas y Lulu, n'abandonne pas, n'abandonne jamais. " Cette phrase est toujours dans ma tête, et c'est "pour elle" que je n'abandonnais pas. Aujourd'hui, cette voix intérieure me dit "Pff, détruis toi, profites car ça va bientot être ton heure. Le fauteuil est là, il arrive.. et tu le sais ! " En rentrant chez moi le soir, les douleurs ne font qu'empirer, et les cachets qui au début faisait effet, ne me font désormais plus rien. Je n'ai qu'à prendre mon mal en patience, ce que je fais tant bien que mal... Et me défoule réguliérement sur cette page internet. Et le lendemain, c'est reparti pour un tour. C'est insuportable, je l'avoue, de vivre en permanence avec cette maladie. Combien de temps je vais encore réussir à marcher, à tenir ? J'ai sans cesse le sentiment que c'est mon tour, que ça va arriver. Je m'y prépare comme si ça allait être demain. Parce que, qui peut savoir que ça ne sera pas demain ? Je ne pense même pas au jour ou ça arrivera. Je vais tomber, dans tous les sens du therme, et m'écrouler. Et aprés ça, quel sera mon but ? Je n'en aurais plus aucun. Si, celui de survivre. Car à ce stade de la souffrance, on ne vit plus, on essaye de survivre. C'est comme si j'avais une plaie au coeur, qui n'avait jamais cicatricé, et qui me fait toujours mal, des années plus tard. Non, je ne m'assume pas, je ne m'accepte pas. Vous ne comprenez pas pourquoi et c'est normal. Je ne sais pas si quelqu'un peut comprendre. C'est juste que j'ai beaucoup du mal à imaginer qu'une "naine" puisse avoir un avenir respectable. Pourtant, j'en ai la preuve, je connais des personnes de petites tailles qui s'en sont très bien sortis. Mais moi ce n'est pas eux, et rien ne me dit que j'aurais un avenir aussi brillants que ceux-là. L'ambition me ronge. Mais ce n'est pas le sujet. Je ne sais d'ailleurs même plus pourquoi je voulais écrire cet article. J'écris, c'est tout, sans me poser de questions ni relire mes textes, ça me déprimerait encore plus. C'est dur, difficile, éprouvant de vivre, non ? Et toutes ces séances de kiné, qui ne me sont pas utiles et qui m'empeche de prévoir des trucs avec les "copains/copines". C'est sur, ils ne comprennent pas, c'est compréhensible, ils sont adultes, et même si certains ont l'air de penser que je suis plus mature ( je ne sais pas pourquoi ils disent ça... ), je suis quand même une adolescente. Et même une ado' qui a pleinement conscience de ses problemes de santé, préférerait faire la folle et délirer à la place de surveiller l'heure sur son portable et finir par dire "Je dois aller chez mon kiné". Tout ça pour quoi, pour que je m'étire le dos ( Soit disant ) et que je fasse mes exercices respiratoires. C'est tellement simple de dire ça, tellement ! Mais vous ne comprenez pas que MEME avec ces exercices à la con, ma respiration est déjà bousillée et je lutte chaque seconde pour respirer normalement. Quant à mon dos, je ne ferais même pas de commentaires. Une opération qui ne cesse de se reculer, un concert dont je ne vois même plus la fonction, tellement il finit par me faire mal ! ( Il doit "normalement" me servir à redresser la collone et donc à avoir moins mal, au lieu de ça je ne peux plus dormir car il m'écrase les poumons et je fais des especes de crise d'angoisse où je n'arrive plus à respirer. ) On va dire qu'en globalité, j'arrive à m'endormir dans les environs de 1h ou 2h du mat' en semaine ( Et 3h ou 4h quand on a pas cours le lendemain.. Etre au téléphone ou sur msn longtemps me permet de moins y penser... ) et que je me reveille toutes les heures. Un pur bonheur. Oh, j'en ai marre. Mais vraiment. Et le pire, c'est qu'il faut continuer ce combat, chaque jour, chaque heure, qui me paraissent des siecles.